Deuxième visite chez L’Horizon, à Chaumont-Gistoux, et toujours le même constat : le tour du monde gourmand d’Alexandre Ciriello fait partie des tables qui méritent clairement le déplacement.
Caractéristiques de L’Horizon
- Type : restaurant gastronomique, menu en étapes inspiré des voyages du chef
- Chef : Alexandre Ciriello
- Formule : de 5 à 7 services, avec une version entièrement végétarienne (omakase) sur demande à la réservation
- Distinctions : 15/20 au Gault&Millau et sélection Michelin 2026, mais toujours pas d’étoile
- À savoir : la salle est petite, il faut réserver à l’avance
Je l'ai testé pour vous
C’était ma deuxième visite, et cette fois j’y ai emmené ma compagne et sa fille. Nous avons pris le menu en 6 étapes, avec un accord mets et vins et un accord sans alcool. Que dire, à part waouw ?
Ici, on ne subit pas un menu : on le compose. Le chef vient poser sur la table des cartes illustrées, façon jeu de société, et chacun pioche ses escales : un plat, un pays, une ville. Plus le voyage est long, plus les portions sont fines. La carte évolue au rythme des saisons, le chef passe en salle et le service est sans la moindre fausse note. Pour l’anniversaire de ma compagne, toute l’équipe a d’ailleurs eu une très jolie attention.
Je n’ai pas tout retenu, mais le voyage se devine à travers les assiettes de ce soir-là, sachant que rien n’est figé. Le ton est donné dès l’apéritif : un petit livret propose les créations d’un côté et les classiques de l’autre, et le negroni du chef, à base d’agrumes et de poivres doux mis à mariner, ouvre l’appétit. Quatre bouchées suivent, dont la moule-frite signature de la maison, version miniature dans un étui croustillant de pomme de terre. Il en faudrait un seau.
Les escales, elles, ont fait le tour de l’Asie : la Corée du Sud avec un bœuf cru assaisonné au gochujang, le Japon avec un flan salé à la truite fumée. Deux petites avant-premières végétales, tomate et aubergine, ont prouvé qu’un légume bien traité tient tête à n’importe quelle viande. Puis sont venus un homard bleu cuit au millimètre, une carotte coréenne étonnamment gourmande, et la célèbre tarte de Chaumont-Gistoux (caviar, tourteau, oursin), qui arrive à table dans un nuage de vapeur avant d’être servie à l’assiette. Le point d’orgue : un wagyu A5 venu du Japon, grillé et presque servi nature, fondant à souhait. Pas de fromage pour nous, on a gardé la place pour un dessert acidulé au citron noir et à la mangue, et quelques mignardises dans de jolies faïences.
En salle, le sommelier Leny Michel a fait un travail remarquable : des vins presque tous en bio ou en biodynamie, expliqués avec passion, et un accord sans alcool aussi inventif que celui des vins. Dernier détail qui change tout : à la place du classique « bon appétit », le chef lance un « amusez-vous bien ». Il a raison, on vient ici pour jouer autant que pour manger.
Un mot sur les photos : je n’en ai pas pris lors de ce dîner de septembre 2026. Celles de la galerie datent de ma première visite, en 2025. Le menu change avec les saisons, mais elles donnent une bonne idée de la façon dont les plats sont dressés.
Au final
Une très belle soirée dans une salle élégante et confortable, avec une cuisine d’un niveau remarquable et un chef qui progresse sans cesse. Pas encore d’étoile pour ce restaurant, et on se demande vraiment ce que Michelin attend ! Je recommande les yeux fermés, mais pensez à réserver longtemps à l’avance.
Ma cote globale
9/10









